J’ai testé l’atelier Drag Kings !

drag king cabinet de curiosité féminine avec Louis de Ville

Oui c’est moi au premier rang ♥ Et Louis est au milieu avec les lunettes ♥

Le 22 février dernier, j’ai eu la chance de participer à l’atelier Drag Kings animé par l’incroyable Louis(e) de Ville, organisé par le Cabinet de Curiosité Féminine. Cela fait un petit moment que j’ai découvert le Drag King, mais je ne savais pas vraiment où pratiquer, ni même où voir des shows. Parce qu’autant les Drag Queens, on en trouve à la pelle à Paris, mais les Drag Kings ne courent pas les rues ! C’est un peu par hasard que je suis tombée sur l’atelier du Cabinet de Curiosité sur Internet, j’ai immédiatement proposé à une des mes potes de m’accompagner et sans trop réfléchir, nous avons réservé nos places. Aujourd’hui, je partage avec vous mon expérience de bébé Drag King . Et bébé deviendra grand, je l’espère ! Parce que je ne compte pas m’arrêter là, qu’on se le dise ! J’ai trop apprécié cette expérience pour que mon King soit un one-shot.

Le Drag King, c’est quoi ?

Le Drag King, c’est le pendant masculin du Drag Queen. Les Drag Kings sont des personnes qui par le déguisement et le théâtre, vont se construire une identité masculine basée sur des stéréotypes de genre poussés à l’extrême, autrement dit l’agressivité, la combativité et la fierté sont mises en avant, en opposition aux valeurs féminines stéréotypées de douceur, tendresse et discrétion. Peu importe le genre dont on part, on peut être une femme, un homme, neutre, etc et faire du Drag King ! Plus qu’une manière de se travestir et un jeu, c’est aussi une façon de faire le show. Le Drag King appartient à la scène, on ne se king pas dans la vie de tous les jours !

Pour plus d’infos, je vous invite à lire cet article de Barbiturix et à aller jeter un oeil à la page Facebook du Drag King Fem Show.

En France, il n’y a pas des masses de Drag Kings… et peu de spectacles. Alors pour apprendre à se kinger, c’est compliqué… Il existe quelques ateliers, par ci par là, mais je n’ai pas trouvé de cours réguliers ou même de lieu où il y aurait des spectacles. Néanmoins, j’ai trouvé cette vidéo sur Internet d’un show de Louis de Ville, le pendant masculin de la danseuse burlesque Louise de Ville. C’était lui qui animait l’atelier auquel j’ai participé. Je ne sais pas vous, mais personnellement je suis en totale admiration… et amusée aussi, il faut le dire !

Attention, spectacle olé-olé type effeuillage masculin à ne pas regarder avec des enfants ou au boulot avec le boss à côté !

Déroulé d’un atelier Drag Kings

S’habiller en homme… non, en King !

Vous vous en doutez, tout commence avec les vêtements. Nous étions invitées à ramener des vêtements masculins, ceux que portent notre King (autrement dit notre nous masculin poussé à l’extrême. J’ai personnellement choisi le style jean-chemise, avec un veston, une cravate et un chapeau. Mon King, il s’habille un peu classe, vous voyez ? Comme vous pouvez le voir sur la photo de groupe, je n’ai pas été la seule à choisir la classe de la chemise.

La règle des 3B

Après la tenue vient la règle des 3B pourachever la transformation physique : binding, barbing et… et la bite .

Le binding, c’est le fait de comprimer sa poitrine au maximum pour qu’on n’y voit plus rien. On a utilisé des bandes type entorse qu’on trouve dans toutes les pharmacies, mais il y a aussi des techniques avec du scotch (si si…) et ce qu’on appelle des binder (des sortes de t-shirts de compression) devenu indispensable à la garde de robe de nombreux hommes trans. Attention, on ne fait pas ça n’importe comment, le but n’est pas de se couper le souffle. Il y a plein de tutos sur internet, mais faites gaffe. Après avoir bien bandé sa poitrine, on se retrouve comprimé. Louis nous a dit que c’était pour nous rappeler que maintenant qu’on était des hommes, on devait se tenir droit et être fait de fer ! Mine de rien, cette compression influe sur la manière de se tenir et sur l’attitude qu’on peut avoir. On se sent plus fort. En plus, j’ai la chance d’avoir une petite poitrine, autant vous dire que mon torse était tout ce qu’il y avait de plus plat !

Nous sommes ensuite passées au barbing : la barbe. Un King ne doit pas être imberbe ! Pour ça, on utilise en premier lieu une éponge avec du maquillage noir pour délimiter les endroits où on veut faire sa barbe. Toutes les coupes sont possibles, c’est le moment de laisser s’exprimer sa personnalité masculine. Puis avec du men-scara, on noircit ses sourcils (et on les mets en bordel par la même occasion) et on teint son duvet. On est nombreuses à lutter toute notre vie contre la moustache, eh bien dans le Drag-King, on est content d’en avoir ! Justement, teindre son duvet rend la barbe plus naturelle. Et si on veut plus de barbe, on va utiliser des petits poils (synthétiques ou ses propres cheveux qu’on coupe). On met de la crème hydratante en guise de colle et ensuite on applique les poils.  Et on comprend qu’on ne peut plus se faire la bise : impossible ! 

Last but not least... L’attribut le plus masculin du monde : la bite. Nous avons confectionné les nôtres grâce à un bas et du coton, c’était… ludique si on peut dire ! Notre avantage sur les hommes cis (autrement dit les hommes nés avec un sexe d’homme), c’est qu’on a pu choisir la taille de notre bite ! Ce n’est peut-être pas la taille qui compte mais tant qu’à faire… Ensuite il a fallu la placer dans notre pantalon, de façon à ce que notre paquet se voit le plus possible. Sinon, où serait l’intérêt ? C’était assez bizarre d’avoir ce truc entre les jambes, mais très amusant. Et surtout, je me suis rendue compte que cet attribut y était pour beaucoup dans la manière de s’asseoir des mecs. Difficile de croiser les jambes, je peux vous le dire…

Se tenir comme un homme

Après la transformation physique, on passe à ce qui est le plus difficile : l’attitude. Mine de rien, les filles sont éduquées de telle manière qu’elles agissent et se tiennent d’une certaine manière en société. Tout cela, Louis l’explique très bien au cours de l’atelier, il pointe les codes de genre imposés par la société patriarcale, cis- et hétéro-normée, tout ça pour les déconstruire avec entrain. Personnellement, j’étais fascinée. J’ai pris conscience que jusque dans ma façon de me tenir et de me comporter avec les autres, j’étais marquée par la société et ses codes. Bien sûr, il faut comprendre qu’être un King, c’est jouer les codes masculins à l’extrême et donc, avec les stéréotypes de genre !

Maintenant, vous êtes des hommes, des vrais.
On arrête de sourire, on arrête de s’excuser, vous êtes des Kings !

Louis nous a réappris à marcher : les épaules dégagées, le bassin ramené légèrement vers l’avant, le regard droit devant, avec lenteur et assurance. Parce qu’un mââââle n’a pas besoin de marcher vite, il prend son temps, il n’a pas peur et quand il rentre dans un pièce, il doit montrer que le monde lui appartient. J’ai également appris à serrer une main en tenant mon poignet, avec fermeté sans pour autant défier l’autre et en conservant une distance de sécurité avec un autre homme, à saisir des objets sans casser le poignet (et donc en levant le coude, parfaitement !).

Ce qui a été le plus naturel, c’était la manière de s’asseoir. Les jambes écartées ou un pied sur le genou, obligatoire avec le packing. Quand une femme va tenter de prendre le moins de place possible, parce qu’on lui a dit que c’était plus poli, le mââââle s’étale et prend tout l’espace qui lio est alloué, voire même déborde sur l’espace de son voisin.

Pour la voix, il suffisait de parler avec le ventre. On ne prend pas une voix grave n’importe comment, il faut travailler sa voix naturelle et la placer plus bas. Ou alors, on ne parle pas. De toute manière, les mââââles parlent pas beaucoup, c’est bien connu. D’ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais quand un homme est silencieux, on va penser qu’il réfléchit ou qu’il juge la personne en face de lui. Alors que si c’est une femme, on dira qu’elle n’écoute pas. Sexisme bonjour !

Pour finir, Louis nous a transmis quelques pas de danse masculins. Sachant que le mââââle n’a pas besoin de savoir danser, danser c’est pour les fillettes, WESH !

Be a man, be a king

Après tous ces exercices, nous sommes fin prêts à être des hommes. C’est le moment de poser son identité masculine, celle qui s’est construite au fil des heures. Il faut choisir un prénom, une profession, un caractère… Être un King, c’est être acteur ! Je rappelle que le Drag King est une performance artistique , une performance d’acteur, de théâtre ! C’est de la représentation et il faut construire correctement son personnage pour être crédible.

Séance photo

Nous avons terminé cet atelier avec une séance photo (vous avez pu le constater avec les photos illustrant cet article). Il fallait aller dans le cliché et franchement, c’était très amusant. Personnellement, je trouve que je ne suis pas si mal en homme Ce qui passe le moins sur les photos, c’est mon pantalon, qui a clairement une coupe féminine. Il va falloir que j’investisse au rayon hommes si je veux renouveler l’expérience !

drag king cabinet de curiosité féminine avec Louis de Ville

Retour sur expérience d’un bébé Drag King

Je pourrais résumer cette expérience en une seule phrase : c’était trop cool ! J’ai a-do-ré me donner à fond dans la masculinité comme ça, jouer un rôle, être en représentation. En plus, ma part masculine était très contente de s’exprimer enfin. STOP les conventions sociales, la bienséance et la timidité ! J’ai eu l’occasion de me jouer des stéréotypes de genre, et ça en valait la chandelle. Je pense que toutes les filles devraient tester le Drag King une fois dans leur vie, on en apprend beaucoup sur son propre genre, sur la société et sur soi-même.

Maintenant, j’ai envie de recommencer. Mieux, de continuer ! Me lancer dans le Drag King tête baissée, parce que j’aime ça ! On verra, je n’ai pas trop le temps en ce moment. En tout cas, je vous conseille à tous et à toutes de tenter l’expérience. Car en plus d’être instructif, c’est quand même vachement drôle.

drag king cabinet de curiosité féminine avec Louis de Ville

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6 commentaires sur “J’ai testé l’atelier Drag Kings !

  1. Je suis tombée sur ton blog depuis le topic trans d’HPF. Et bien, autant j’ai du mal à comprendre le transexualisme… autant Drag King c’est génial ! Et la vidéo… wouah. Comment est-ce que je découvre l’existence de ça seulement maintenant ?

    • Héhé le Drag King c’est grave cool ! Faut que tu testes si ça te branche, ou que tu vois un spectacle :P
      Par contre on dit « transidentités » et pas « transexualisme » qui est associé aux psychiatres et à la transidentité comme maladie ;)

  2. Mais c’est génial! Mais je ne connaissais pas du tout! Mais je veux !!!

  3. Haha pour avoir testé il y a deux ans, ça me rappelle de bons souvenirs :). C’était une super expérience ! Ça permet de réaliser plein de trucs sur l’appropriation masculine de l’espace public, aussi.

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