Mon genre, ta gueule !

Cela fait un moment que j’envisage d’écrire cet article. J’ai cette envie de poser mes réflexions à plat, ne serait-ce que pour me remettre les idées en place. J’avais un peu peur. Peur de m’exposer, peur de ne pas savoir comment dire les choses, peur d’écrire des bêtises, peur de me tromper. Finalement, j’ai décidé de parler de moi, seulement de moi et de personne d’autre. Ce que j’écris n’engage que moi et tant pis.

J’ai décidé d’envoyer le genre se faire foutre . Surtout le mien.

A la naissance, j’ai été assignée fille. Je n’en suis pas mécontente, je suis même plutôt à l’aise avec ça si vous voulez tout savoir. J’aime mon corps tel qu’il est et je ne souhaite pas en changer. Dans ma vie de tous les jours, je m’accommode de mon genre social féminin. En réalité, peut-être ne me serais-je jamais posé de questions si je n’avais pas été sensibilisée à la question du genre au cours de mes activités militantes, si je n’avais pas fréquenté des personnes non-cisgenres.

Pour être honnête, je ne me sens pas forcément plus fille que garçon . Pas dans le sens où je ne me sens ni l’un ni l’autre, mais plutôt les deux. J’ai souvent eu une identité de garçon. Spontanément sur Internet, là où on n’a pas besoin de montrer son visage, je me présente comme un garçon. Sauf… sauf depuis que j’ai ouvert mes blogs au nom de Cordélia. Rétrospectivement, je n’aime pas tellement ce pseudo, même s’il représente assez bien la personne derrière laquelle je me cache dans mes articles. Mais bon, ce n’est pas vraiment le moment de revenir là-dessus.

Je jongle avec un prénom féminin et un prénom masculin depuis des années. Et ce n’est qu’en abandonnant le second que je réalise à quel point il me manque. Je me sentais bien avec et parler de moi au masculin ne m’a jamais posé problème. J’aime jouer avec mon apparence, aussi, en mode gender fucking. Je n’ai jamais autant apprécié mon corps depuis que je me suis rendue compte que je pouvais tirer partie de mon côté androgyne.

J’aime être ultra-féminine, comme dans les magazines. Avec une robe qui me moule de partout, du rouge-à-lèvres et des talons aiguilles. Mais rien n’est plus jouissif que de voir quelqu’un hésiter entre monsieur et mademoiselle alors que je porte un costume-cravate.

Je ne cesse de répéter que je me fous complètement du genre des personnes qui m’entourent, en particulier des personnes qui m’attirent. A mes yeux, le genre n’a jamais été et ne sera jamais un critère . Y compris pour moi.

Je ne pense pas qu’une femme doit être comme ceci ou s’habiller comme cela. Qu’un homme doit penser comme ceci et réagir comme cela. On me répète depuis toujours que les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus. Et pourtant tout autour de moi me hurle le contraire.

Je devrais être une femme parce que je pleure, que j’aime m’acheter des chaussures, que je porte des bas-résilles, que j’aime les compliments sur mon physique, que je sais réconforter les gens, que j’aime les câlins, que je lis des livres, que je matte les garçons dans la rue. Mais parce que j’aime les maths, que je fais des blagues de cul, que je m’enferme dans une caverne quand je vais mal, que j’aime diriger, que je considère parfois les filles comme des morceaux de viande et que je ne supporte pas les comédies romantiques, je devrais être un homme ?

Merde.

Je ne me sens pas plus garçon que fille. Ou plutôt, je me sens les deux. Cela dépend des jours, du moment, de l’alignement Lune-Terre-Soleil, qu’est-ce qu’on s’en fout ? Je me sens fluide dans ma tête. Et peu importe ma carte d’identité, ma garde-robe et ce que j’ai entre les jambes.

Bien sûr, tout le monde ne sait pas cela. Je n’en parle pas beaucoup, pour ne pas dire jamais. Ça ne change rien. Ou plutôt, je n’ai pas changé. Seulement, il paraît que je peux moi-même me qualifier genderfluid.

Ça ne me dérange pas, de toute manière, j’étais déjà queer.

genderfluid

signa

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4 commentaires sur “Mon genre, ta gueule !

  1. J’admire ton ouverture d’esprit. C’est courageux comme réflexion, le genre.
    Lucile

    (je te prie de ne faire aucun commentaire sur mon pseudo, merci !)

  2. Bonjour (Ou rebonjour si tu lis mes 2 commentaires en même temps ?)
    Je me demande si au final, le genre ce n’est pas juste créer par nos stéréotype ? Si on ne nous élevait pas en disant « une fille c’est rose, et un garçon bleu », la question se poserait-elle ? Si on n’avait ps à cocher M ou F, si il n’y avait pas de « Elle » et de « Il » ?
    Je me trompe peut-être, mais à part vouloir changer de modèle de corps, je ne vois pas où ça nous mène. Mais malheureusement, être une Madame ou un Monsieur est important en société, ou être aucun des deux d’ailleurs. On ne va pas voir de la même façon une personne en question de son genre, je trouve ça dommage …

    Si j’ai tort, expliqué le moi calmement :)

    • Alors oui dans le monde des bisounours peut-être que oui, il n’y aurait pas la notion de genre. Sauf que… bah notre monde est comme il est et le genre est réel. Les gens sont soumis à des stéréotypes, des images, des valeurs, des concepts historiques, bref tout ce qui fait notre société. Il y a des gens qui correspondent aux stéréotypes et d’autres pas, chacun est comme il est.
      Par ailleurs quand bien même le genre serait créé par des stéréotypes, ce serait quoi le problème ? Serait-ce une raison pour juger, discriminer les gens ?

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