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Coming-out

Harry Potter m’a appris une chose : personne ne mérite de vivre dans un placard.

Souvent, j’ai l’impression de passer ma vie à faire mon coming-out . Que dis-je : je passe ma vie à faire mon coming-out. Le pire, c’est que je sais que je passerais le reste de ma vie à le faire. Parce que je n’aime pas qu’on me prenne pour quelqu’un que je ne suis pas. Je ne le supporte pas, je ne le supporte plus. J’ai passé trop de temps enfermée dans un placard . Trop de temps à mentir par omission. Trop de temps à rejeter celle que j’étais, à refouler, à avoir honte.

Parfois, j’envie les homos. Ils et elles auraient presque de la chance, il leur suffit de mentionner un ex ou une ex, de dire qu’untel ou untelle est sexy pour que la personne en face d’eux comprenne. Ils et elles n’ont pas besoin de préciser. On les comprend tout de suite.

Quand j’essaye de glisser subtilement que le genre de mes amours et partenaires n’a pas d’importance, je me retrouve à faire l’effort intellectuel de mentionner mon attirance pour les filles et pour les garçons. Sinon, les gens se méprennent. Si je parle de mon ex, une fille, je deviens lesbienne à leurs yeux. Si je dis que je suis amoureuse de Ben Whishaw, je reste hétéro. Parce que – sauf cas particulier – on présuppose toujours – parfois bien malgré nous – que la personne est hétéro. Même moi, il m’arrive de le faire. Alors que putain, je suis bien placée pour savoir que c’est une connerie.

Quand je rencontre quelqu’un, bien sûr je ne me présente pas en tant que bi. Bien sûr, mon orientation ne résume pas ma personnalité. Bien sûr. Les gens me découvrent au fur et à mesure. Au fil du temps, je parle de mes ex : des garçons et des filles. Je parle des personnes qui me plaisent, de mes dates, des célébrités sur lesquelles je fantasme, de mes activités militantes dans le domaine des droits LGBT+.

Deux solutions : soit j’ai la chance que la personne en face de moi ait déjà rencontré des personnes bisexuelles (ou qu’elle le soit elle aussi !), je n’ai alors rien besoin de préciser, la personne comprend toute seule. C’est merveilleux quand ça arrive, ça me soulage. Je me sens bien, tellement bien.  Soit j’ai droit à des questions. Ce ne sont pas forcément des questions méchantes, très rarement. C’est juste que la personne n’a pas compris, tout simplement. Ce n’est pas naturel pour elle d’envisager ma bisexualité, c’est totalement inattendu.

Attends… Je croyais que t’étais lesbienne ?
Pardon, j’ai pas compris, tu es bi en fait ?
Tu es redevenue hétéro ?
Mais tu n’étais pas avec une fille l’an dernier ?
Tu es dans une période mecs, c’est ça ?

Je ne peux pas dire que ça me fait mal. Mais je préférerai ne pas devoir répondre à ces questions. Pourtant je le fais, et avec le sourire ! Parce que j’ai la chance d’être bien dans ma peau, d’être pédagogue, d’avoir la possibilité de parler de moi et de répondre à toutes sortes de questions – même indiscrètes – sans me sentir mal à l’aise. Disons que je fais ça pour le prochain ou la prochaine bi. Une personne qui peut-être sera moins à l’aise que moi. Pour qu’il ou elle soit heureuse de passer après moi. Je réponds à toutes les questions quand on m’en pose. Je parle même de ma vie sexuelle si ça peut aider à la compréhension. Parce qu’il faut bien que quelqu’un le fasse, sinon les autres ne comprendront jamais.

Garçon ou fille, peu m’importe.
En fait, pour être précise, je suis bi.
J’aime aussi les filles, tu sais ?
Non, pas de copain, ni de copine.
Moi, un garçon, ça me va aussi !
Je suis bisexuelle.

Parfois, je me dis que je devrais laisser les gens penser ce qu’ils veulent. Qu’ils me pensent hétéro ou homo n’a que peu d’importance, n’est-ce pas ? Il m’arrive de ne rien dire, de laisser les gens penser. Mais il y a la famille, les amis, les camarades de classe, les collègues. Des personnes que je fréquente tous les jours, des personnes qui changent constamment. Les proches vont et viennent au fil des ans. Des personnes à qui il faut le dire, encore et encore.

Faire son coming-out, ce n’est pas très agréable , même si en un sens, ça soulage. Parfois c’est même très dur. Surtout quand la personne qui te plait décide de ne plus te rappeler après l’avoir appris. Quand les gens te posent mille et un questions pour comprendre pourquoi. Mais le plus dur dans tout ça, c’est de réaliser que ce n’est jamais terminé. Et qu’à chaque personne que je décide de faire entrer dans ma vie, il faudra un jour ou l’autre le dire.

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Dire je t’aime

dire je t'aime

Au cours des derniers mois, beaucoup de choses ont changé dans ma vie. J’ai l’impression d’avoir grandi, d’avoir gagné en maturité, d’avoir changé, de m’être trouvée. J’ai fait des choses dont je ne m’aurais jamais cru capable l’année dernière. J’ai eu des expériences à la pelle . Des expériences positives, des expériences négatives… Des expériences tout court. Je me sens vivante comme je ne l’ai jamais été avant, je me sens forte comme si rien ne pouvait m’arriver, je suis optimiste, moi qui ai si souvent été d’un pessimisme alarmant.

Pendant très longtemps, j’ai fait partie de ces adolescentes qui sacralisent l’Amour. Le Vrai, L’Unique, Celui Avec Des Majuscules. L’Amour qui dure toujours, qui est plus fort que tout. Un Amour qui fait du Mal autant qu’il fait du Bien. L’Amour Passion, celui des romans, celui des films, celui des chansons. J’ai cru en cet Amour fantasmé, j’y ai joué en pensant que c’était la meilleure façon d’aimer. Pire, l’unique façon d’aimer.

Aujourd’hui, j’y reviens. Je me défais de ce qu’on m’a appris, de ce que j’ai cru apprendre dans les romans d’amour.

Avant, quand je disais Je T’Aime, ces mots sonnaient comme une promesse . La promesse d’un futur, de projets, d’éternité. Je t’aime, c’était l’Amour de Roméo et Juliette. Je t’aime, c’était presque un secret, un secret honteux. Un trésor qu’on réserve à notre âme sœur. Dire Je t’aime, c’était une faiblesse. C’était se livrer tout entier à l’autre, se mettre à nu, être prêt à souffrir. On ne dit Je t’aime qu’à une seule personne, celle qu’on aime, celle avec qui on veut passer le reste de nos jours, celle pour qui on pourrait crever. Read More →

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J’ai testé l’atelier Drag Kings !

drag king cabinet de curiosité féminine avec Louis de Ville

Oui c’est moi au premier rang ♥ Et Louis est au milieu avec les lunettes ♥

Le 22 février dernier, j’ai eu la chance de participer à l’atelier Drag Kings animé par l’incroyable Louis(e) de Ville, organisé par le Cabinet de Curiosité Féminine. Cela fait un petit moment que j’ai découvert le Drag King, mais je ne savais pas vraiment où pratiquer, ni même où voir des shows. Parce qu’autant les Drag Queens, on en trouve à la pelle à Paris, mais les Drag Kings ne courent pas les rues ! C’est un peu par hasard que je suis tombée sur l’atelier du Cabinet de Curiosité sur Internet, j’ai immédiatement proposé à une des mes potes de m’accompagner et sans trop réfléchir, nous avons réservé nos places. Aujourd’hui, je partage avec vous mon expérience de bébé Drag King . Et bébé deviendra grand, je l’espère ! Parce que je ne compte pas m’arrêter là, qu’on se le dise ! J’ai trop apprécié cette expérience pour que mon King soit un one-shot.

Le Drag King, c’est quoi ?

Le Drag King, c’est le pendant masculin du Drag Queen. Les Drag Kings sont des personnes qui par le déguisement et le théâtre, vont se construire une identité masculine basée sur des stéréotypes de genre poussés à l’extrême, autrement dit l’agressivité, la combativité et la fierté sont mises en avant, en opposition aux valeurs féminines stéréotypées de douceur, tendresse et discrétion. Peu importe le genre dont on part, on peut être une femme, un homme, neutre, etc et faire du Drag King ! Plus qu’une manière de se travestir et un jeu, c’est aussi une façon de faire le show. Le Drag King appartient à la scène, on ne se king pas dans la vie de tous les jours !

Pour plus d’infos, je vous invite à lire cet article de Barbiturix et à aller jeter un oeil à la page Facebook du Drag King Fem Show.

En France, il n’y a pas des masses de Drag Kings… et peu de spectacles. Alors pour apprendre à se kinger, c’est compliqué… Il existe quelques ateliers, par ci par là, mais je n’ai pas trouvé de cours réguliers ou même de lieu où il y aurait des spectacles. Néanmoins, j’ai trouvé cette vidéo sur Internet d’un show de Louis de Ville, le pendant masculin de la danseuse burlesque Louise de Ville. C’était lui qui animait l’atelier auquel j’ai participé. Je ne sais pas vous, mais personnellement je suis en totale admiration… et amusée aussi, il faut le dire !

Attention, spectacle olé-olé type effeuillage masculin à ne pas regarder avec des enfants ou au boulot avec le boss à côté ! Read More →

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Lettre ouverte à la fille de 15 ans que j’ai été

lettre à moi-même

Chère moi-même de 15 ans,

Je t’écris cette lettre du futur . Je ne sais pas si on va inventer une machine à voyage dans le temps prochainement, encore moins si le Docteur va frapper à ma porte (et dire qu’à cet âge, tu ne sais pas encore qui est le Docteur…), mais sait-on jamais, je suis du genre optimiste. Le problème est sans doute que si tu reçois cette lettre, alors cela risque de changer un peu mon avenir. Du coup je n’aurais plus besoin d’écrire cette lettre, du coup tu ne la recevras jamais. Sauf si cela crée une réalité alternative. Et alors, ça serait grave cool. Mais je m’égare.

Lorsque j’écris cette lettre à moi-même (enfin que tu t’écris cette lettre, cela dépend du point de vue), je vais bientôt avoir 22 ans. Autrement dit, je suis toi avec sept ans de plus. C’est un bon chiffre, le sept. J’ai toujours aimé le sept. Avec le treize, mais c’est mon côté rebelle. J’ai beaucoup de choses à te dire, tu sais. Vraiment beaucoup. Mais je vais commencer par le plus important.

Tout ira bien.

Je sais que ça te semble complètement aberrant. Je sais que l’emploi du futur te terrorise, que tu ne t’imagines pas dans sept ans, que dans ta tête c’est le bordel, que tu refuses de voir plus loin qu’après demain et que tu penses que ta vie s’arrêtera à seize ans comme par magie, parce qu’après ça sera trop dur, trop adulte et trop réel. Sauf que c’est la cruelle vérité : tu vas avoir un futur.

Je ne te dis pas que ce sera facile, au contraire. Tu vas encore en traverser des épreuves, je peux te l’assurer. Tu vas morfler ta race, tu vas verser des litres et des litres de larmes, tu vas rester des jours entiers allongée dans ton lit avec des idées noires et j’en passe et des meilleures. Je ne vais rien te dire de plus, ça risque de te décourager. Je pourrais te conseiller, pour éviter toutes ces merdes, mais même si je le pouvais, je ne le ferai pas.

Je veux que tu vives tout ça. Même si ça fait un mal de chien, même si tu auras l’impression que tu vas en crever, même si tu auras envie de toute laisser tomber. Ça va te rendre forte, tu ne peux même pas imaginer. Je ne dis pas que tu seras dure comme le roc, mais tu seras un peu badass dans ton genre. Rien qu’un peu. Tu auras des rêves et des convictions, toi qui es si pessimiste et amorphe.

Il faut que tu te battes. Même si tu tombes, même si tu pleures, même si tu préférerais crever. Parce que la vie, elle en vaut la peine . Je sais que ça te paraît absurde, tu dois même douter que c’est vraiment le toi du futur qui t’écris, mais je te jure que je le pense maintenant. Il y a tellement de choses à faire, à apprendre et à découvrir. Read More →

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Comment je vis ma bisexualité

Étant ouvertement bisexuelle (ou pansexuelle, disons que les deux étiquettes me conviennent), il arrive assez souvent qu’on me pose des questions sur mon orientation . Que ce soit de la part d’hétéro ou d’homo, ou de personnes en questionnement. J’ai d’ailleurs remarqué que les homos étaient souvent les plus curieux, ou alors est-ce seulement les personnes que j’ai rencontrées. En tout cas, voici un petit échantillon des questions auxquelles j’ai droit :

Comment ça se passe ?
Est-ce que tu as quand même une préférence ou pas du tout ?
Est-ce que c’est par période ?
Est-ce que c’est vraiment 50/50 ?
Et sexuellement, tu as une préférence ?
Du coup si tu aimes le sexe avec les hommes, il ne te manque pas quelque chose avec les filles ?
Comment tu peux en être sûre ?

Comment tu le vis ?

 Qu’on se le dise, je ne considère pas ces questions comme insultantes, surtout si je connais un peu la personne en face. Parfois, elles sont un peu indiscrètes, mais je préfère qu’ils me les posent à moi qui suis à l’aise avec tout ça plutôt qu’ils aillent embêter d’autres personnes qui elles, pourraient le prendre mal. J’aime qu’on me pose ces questions et j’aime y répondre parce que je considère que c’est un moyen de donner de l’information et d’affirmer l’existence des bisexuel•le•s.

Aujourd’hui, j’ai donc décidé de vous parler de la manière dont je vis ma bisexualité, que ce soit au quotidien, avec mes amis et mes amours. Évidemment, comprenez qu’il ne s’agit que de mon expérience personnelle et que vous n’avez pas à calquer ma vie sur celles de tous les bisexuel•le•s. Je vous invite à lire d’autres témoignages, voire à partager le votre en commentaire si vous aussi, vous vous identifiez comme bi, pan, poly, demi… tout ce que vous voulez, vous êtes libres de vous définir, ne l’oubliez jamais. Read More →

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