Comment je vis ma bisexualité

Étant ouvertement bisexuelle (ou pansexuelle, disons que les deux étiquettes me conviennent), il arrive assez souvent qu’on me pose des questions sur mon orientation . Que ce soit de la part d’hétéro ou d’homo, ou de personnes en questionnement. J’ai d’ailleurs remarqué que les homos étaient souvent les plus curieux, ou alors est-ce seulement les personnes que j’ai rencontrées. En tout cas, voici un petit échantillon des questions auxquelles j’ai droit :

Comment ça se passe ?
Est-ce que tu as quand même une préférence ou pas du tout ?
Est-ce que c’est par période ?
Est-ce que c’est vraiment 50/50 ?
Et sexuellement, tu as une préférence ?
Du coup si tu aimes le sexe avec les hommes, il ne te manque pas quelque chose avec les filles ?
Comment tu peux en être sûre ?

Comment tu le vis ?

 Qu’on se le dise, je ne considère pas ces questions comme insultantes, surtout si je connais un peu la personne en face. Parfois, elles sont un peu indiscrètes, mais je préfère qu’ils me les posent à moi qui suis à l’aise avec tout ça plutôt qu’ils aillent embêter d’autres personnes qui elles, pourraient le prendre mal. J’aime qu’on me pose ces questions et j’aime y répondre parce que je considère que c’est un moyen de donner de l’information et d’affirmer l’existence des bisexuel•le•s.

Aujourd’hui, j’ai donc décidé de vous parler de la manière dont je vis ma bisexualité, que ce soit au quotidien, avec mes amis et mes amours. Évidemment, comprenez qu’il ne s’agit que de mon expérience personnelle et que vous n’avez pas à calquer ma vie sur celles de tous les bisexuel•le•s. Je vous invite à lire d’autres témoignages, voire à partager le votre en commentaire si vous aussi, vous vous identifiez comme bi, pan, poly, demi… tout ce que vous voulez, vous êtes libres de vous définir, ne l’oubliez jamais.

bisexuality the 100 Clarke

Comment je définis mes orientations sexuelle et romantique

Je me définis comme bisexuelle, mais pas dans le sens bi- = hommes et femmes, mais dans un sens nouveau (emprunté aux anglo-saxons, comme toujours) : attirée par les personnes de même genre et de genres différents . Notez la présence de « s » à « genres différents » . Je reviendrais sans doute sur le genre dans un prochain article, mais apprenez qu’il n’y a pas que deux genres binaires (homme et femme), mais que le genre est davantage à considérer comme un spectre très riche et fantastique, intégrant des multiples façons de se définir.

Contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom, la bisexualité n’est pas binaire à mes yeux et ne nie pas l’existence du spectre du genre (et oui, tu es autorisé à avoir une définition de la bisexualité différente de la mienne). Je suis bisexuelle car je suis attirée physiquement par les hommes, les femmes et les personnes n’appartenant pas à ces deux catégories, ayant des genres variés et des expressions de genres multiples (comprenez par là que je peux apprécier les filles masculines, les hommes plus féminins, les androgynes, etc). Je suis bisexuelle car j’ai eu, j’ai actuellement et j’envisage d’avoir des relations intimes (sexuelles et/ou amoureuses) avec des personnes quelque soit leur identité de genre et leur expression de genre.

Je pourrais également me définir comme pansexuelle, ce qui signifierait que je suis attirée par les personnes sans me soucier du genre et du sexe. Mais j’ai tendance à éviter d’utiliser ce mot parce qu’il n’est pas assez connu, parce que cela m’obligerait à me lancer dans un exposé. D’autre part, je me suis rendue compte que sexuellement, j’accordais quand même une certaine importance au genre et/ou au sexe de mon partenaire.

Par contre, pour ce qui est de mes relations amoureuses, ce n’est pas la même chose : je vais accorder de l’importance à la personnalité et voir la personne dans son ensemble. Et peu importe le genre et le sexe de la personne, je m’en fiche. Quand je suis amoureuse, j’aime une personne, pas une fille ou un garçon.

Ainsi, peut-être puis-je distinguer mon orientation sexuelle et mon orientation romantique ? Je serais bisexuelle et panromantique ? J’aime cette idée, je trouve ces qualificatifs mignons. Mais je conçois que c’est peut-être aller trop loin pour la plupart des gens. Revenons à nos moutons.

La question sensible de mes préférences

Voici la question qui agite le monde entier ! … Ok, elle agite seulement les esprits des personnes qui me fréquentent. Est-ce que j’ai quand même des préférences ? Oui, j’ai des préférences. Attention, j’ai bien dit « JE » et pas « TOUS LES BISEXUEL•LE•S DU MONDE ENTIER » .

Ces préférences, elles sont fluctuantes. Pour faire simple, il y a des périodes où je vais être plus attirée par les filles, d’autres périodes où ce sera plutôt les garçons . Mais je peux vous assurer que quand je suis dans une période « fille » , je continue d’avoir des attirances pour des garçons et réciproquement. Disons que c’est une tendance que je ressens chez moi, une tendance qui peut durer quelques mois ou plusieurs années. Et je dois aussi préciser que même quand je suis dans une période « garçon » , je peux tomber amoureuse d’une fille.

Par exemple, j’ai été durant toute mon adolescence quasiment exclusivement attirée par les garçons. Je craquais constamment pour des garçons, je fantasmais sur eux, je voulais être en couple avec un garçon et je m’imaginais faire ma vie avec un garçon. Autant vous dire que c’était une période « garçon » très forte. Pourtant, je sais qu’à cette époque, j’ai été très amoureuse d’une fille pour laquelle je ne ressentais pas de désir et irrésistiblement attirée physiquement par une autre. Vous commencez à saisir ?

Ensuite, j’ai traversé une période de flou d’environ un an où je ne savais pas ce que je voulais. Puis une période de deux ans où je ne pensais quasiment qu’aux filles. Je voulais une petite amie, je fantasmais sur des corps féminins. Malgré tout, j’étais attirée physiquement par des garçons. Cependant, émotionnellement je les rejetais complètement et pourtant quand je me projetais dans le futur, je me voyais autant mariée à une femme qu’à un homme.

Aujourd’hui, je recherche des rencontres avec des personnes quelque soit leur genre, je ne me ferme aucune porte. Néanmoins, j’ai l’impression de ressentir une attirance physique plus forte pour les hommes, même si certaines filles me plaisent beaucoup.

Et pour terminer de vous embrouiller, sachez que toutes ces attirances et préférences n’ont absolument rien à voir avec mes pratiques sexuelles. Ce n’est pas parce que je suis attirée par un homme que je vais avoir envie de faire du sexe bien hétéro et vice et versa.

Je conçois que cela peut être un peu compliqué à comprendre. Mais il faut que vous sachiez que pour moi, ce n’est pas compliqué. C’est ce que je vis, ce que je ressens, c’est totalement naturel . Si on ne me posait pas constamment la question, je n’aurais jamais cherché à mettre des mots sur ce ressenti et mes préférences.

Vous avez du mal à comprendre ma façon de vivre mon orientation et la fluidité de mes préférences ? Sachez qu’il m’est tout aussi difficile de comprendre comment il est possible pour quelqu’un de ne PAS être attiré par une personne extraordinaire, juste à cause de son genre ou de son sexe. Cela m’est totalement inconcevable.

Comment je gère ma bisexualité quand je suis en couple

Ouïe, c’est là que ça commence à être difficile à gérer.

Par le passé, je n’ai eu de problème à allier ma bisexualité avec des relations amoureuses monogames. J’ai eu quatre relations de couple significatives à mes yeux et je vous assure que quand j’étais en couple avec une fille, les garçons ne me manquaient pas et vice et versa. J’étais amoureuse, je ne concevais pas avoir des relations avec quelqu’un d’autre.

Actuellement, je suis célibataire. Mais je pense que si je me mettais en couple demain… je n’aurais pas le même ressenti qu’avant. Il faut dire que je suis revenue sur mes définitions de la fidélité et du couple, j’envisage la relation amoureuse et l’amour lui-même de façon totalement différente que je les voyais l’année dernière.

Néanmoins, je pense que ma réticence actuellement vis-à-vis du couple « fermé » n’est pas nécessairement liée à ma bisexualité. Mon besoin de liberté est lié à mon état d’esprit actuel et à la différence que je fais maintenant entre désir et amour. Si j’avais été exclusivement hétéro, j’aurais sans doute eu les mêmes réflexions.

Je sais que je peux parfaitement gérer exclusivité et bisexualité, c’est un fait. Si je rencontre quelqu’un et tombe amoureuse de cette personne, et qu’il ou elle associe fidélité et exclusivité, je pense pouvoir m’y faire sans discuter, surtout si je suis très amoureuse. Une relation de couple se construit à deux et le but est que les deux partenaires et/ou amoureux y trouvent leur compte en se respectant mutuellement. Et oui, si mon partenaire me satisfait sexuellement, je n’ai aucune raison d’aller voir ailleurs.

Ce dont je suis certaine, c’est que je ne pourrais jamais construire quoi que ce soit avec une personne qui ne respecte pas mon identité dans son ensemble et mon orientation sexuelle en fait partie intégrante.

Comment je vis ma bisexualité au quotidien

Sans doute de la même manière dont chacun vit sa propre orientation sexuelle et/ou romantique. Je suis une personne comme les autres , à la différence près que les personnes sur lesquelles je me retourne dans la rue appartiennent à des genres variés.

Je ne ressens pas nécessairement le besoin de parler de mon orientation à tout le monde, mais il est vrai qu’il m’arrive d’user de savants stratagèmes pour faire passer subtilement le message, petit à petit (souvent en faisant remarquer à mes nouveaux amis qu’un tel ou une telle est super sexy ou avec des insistances sur des formulations du style  « mon ex, elle » ), jusqu’à ce que souvent, on me pose la question « mais en fait, tu préfères les garçons ou les filles ? » . Ce à quoi je réponds « les deux » ou « ça n’a aucune importance » selon le contexte et la personne que j’ai en face de moi (je n’ai pas toujours envie de me lancer dans un exposé sur le spectre des orientations sexuelles et romantiques, voire même sur le genre, laissez-moi respirer !).

Bisexuelle (ou pansexuelle) est un adjectif que j’utilise pour me définir, mais qui ne suffit pas pour définir la personne que je suis. C’est une part de mon identité, mais elle ne la résume pas. Disons que c’est un aspect de ma personnalité, comme je peux dire que j’ai un humour douteux, que je suis procrastinatrice et de nature curieuse. Je trouve que ce qui me définit davantage, ce sont mes actes, autrement dit le fait que je sois militante, écrivain, rédactrice web, blogueuse, rôliste, etc. Et c’est parce que je suis militante que j’ai tendance à mettre en avant le « moi bi » , parce que c’est offrir de la visibilité et de l’information. Ainsi, je peux espérer me battre contre la biphobie et l’homophobie.

Des discriminations, je n’en subis heureusement pas au quotidien. J’ai de la chance d’évoluer dans un milieu tolérant. Par ailleurs, n’étant actuellement pas en couple avec une fille, je ne subis pas de regards dans la rue, je ne récolte pas les insultes dans le métro. Mais parfois, il y a ces petites piques sur mon orientation qui me font réfléchir. Et il y a toutes ces fois où quand j’embrasse un garçon dans la rue, je prends conscience que je n’oserais jamais le faire si c’était avec une fille. Pour le moment, j’ai de la chance, mais je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde. Et c’est pourquoi je tiens à continuer à militer. Pas seulement pour mes droits, j’ai tendance à me mettre au second plan, mais pour les droits des autres moins chanceux que moi.

bisexuality is a reality

Et vous ?

Partagez dans les commentaires votre ressenti, votre expérience, votre vision des choses. Je serai ravie de vous découvrir un peu plus et d’échanger avec vous sur le sujet.

PS : si tu es bi et que tu cherches à parler, rencontrer d’autres bis, poser des questions, sache que je fais partie de l’association le MAG Jeunes LGBT à Paris et qu’on organise des apéros entre bis. Suis le lien !

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30 commentaires sur “Comment je vis ma bisexualité

  1. Ton discours est très posé. J’ai quelqu’un de proche qui est bissexuelle. Je connais donc la question. Bravo d’en parler si simplement et ouvertement !

  2. Ton article est super intéressant, je me suis reconnue dans certains passages ! La bisexualité est quelque chose de mystérieux pour la plupart des gens et j’avoue avoir du mal à définir exactement ce que c’est. On ne peut pas juste dire que c’est aimer les hommes et les femmes, ce serait simplifier. C’est quelque chose que l’on vit, à notre façon.

    Personnellement, je n’aime pas mettre un mot à mon orientation. Je ne sais pas ce que je suis, selon les concepts d’aujourd’hui. Autant je me dis hétéro dans la vie de tous les jours, autant je peux tomber amoureuse de n’importe qui, que ce soit un garçon, une fille, un trans, quelque soit sa couleur, son âge… Si ça ne tenait qu’à moi, je ne répondrais pas à cette question, je ne vois même pas pourquoi on devrait définir les gens comme hétéro, homo, bi ou autre.

    Ce qui est bizarre c’est que les hétéros me disent bi et les homos me disent hétéro. Moi, je dis les deux, je m’adapte à celui ou celle que j’aime. Si j’aime une fille, je dirais que je suis bi, parce que je l’aime mais je ne peux pas renier mon attirance pour les hommes. Et quand j’aime un garçon, je suis hétéro, parce que je n’ai que lui en tête. C’est assez étrange. J’ai une préférence pour les hommes plus qu’évidente et j’aime trop le sexe avec eux pour m’en passer. Je n’ai jamais eu de relation sexuelle avec une fille mais je pense que je serais le genre de personne à qui il manquerait « quelque chose ». Malgré tout, j’ai déjà été extrêmement amoureuse d’une fille, au point d’y penser un an après notre rupture alors que je l’ai connue que 3 mois. C’était fusionnel.

    Je tiens à dire que je ne suis pas « refoulée », j’assume complètement mon côté lesbien (ce qui m’a valu quelques problèmes avec des camarades homophobes au collège), tous mes amis savent que j’aime aussi les filles, que j’ai déjà aimé une fille et que j’aime regarder le corps d’une fille. Mais je suis aussi le genre « bien hétéro », en relation avec un homme depuis 3 ans aujourd’hui, avec qui je me sens spéciale et aimée, qui aime mater des beaux garçons à la télé, qui aime se faire désirer, ect…

    Pour conclure ce pavé (je me suis laissée emporter, j’en suis désolée), je ne peux pas donner un nom à ce que je suis, je peux juste dire que même si j’aime les hommes, je peux de la même façon m’attacher à une femme. J’ai l’impression de mentir quand je dis que je suis hétéro ou que je me dis bi. Je me sens pas à l’aise avec ces noms. Pour moi le plus important, c’est de trouver le bonheur avec la (voire les) personne(s) qu’on aime, peu importe qui c’est, l’amour n’a pas de critères spécifiques. Et puis, aujourd’hui j’aime mon copain, j’en suis folle, je ne regarde personne d’autre. Mon orientation sexuelle, c’est lui !

    • Hey ! Merci pour ton long commentaire ^^
      Si tu as envie de te définir, sache qu’il y a plein de mots trop cool que tu peux utiliser :P Je te conseille de regarder cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=uFqLrSHWNT4
      Chacun vit comme il veut, ou du moins ça serait cool si chacun pouvait vivre comme il veut. Malheureusement c’est pas le cas, chacun vit pas comme il veut.
      Enfin bref le fight continue !

  3. Super article Cordélia !
    Je me reconnais vraiment dans ce que tu as écrit. Et ça fait du bien !
    C’est drôle parce que moi aussi j’étais étudiante en web, et je suis maintenant dans le web éditorial.
    Au plaisir de discuter :)

  4. Après avoir lu ton texte, je m’attendais à une myriades de réactions… (mais peut-être sont-elles juste en attente de validation !)
    C’est étonnant comme dans ton texte on sent la difficulté pour toi d’expliquer quelquechose de normal. C’est comme si on devait expliquer un sentiment, un amour, un désir… C’est tellement en nous que mettre des mots dessus est un peu compliqué… Rien que pour le travail, je te dis bravo (!).
    Et je suis totalement d’accord avec toi sur le fait que même en étant attiré que par un sexe (par phases ou de manière certaine), notre esprit est confronté au désir de toutes parts, filles ou garçons. C’est naturel ;)

    • Oui je modère mes commentaires alors il fallait attendre ma pause déjeuner xD
      C’est difficile à expliquer, c’est un fait, mais j’espère que j’ai réussi en partie ^^

  5. Coucou :)

    Ton article est très intéressant, je suis toujours surprise par ton utilisation de mots savants pour expliquer l’inexplicable de façon simple.
    Je peut totalement concevoir ta manière de vivre ta sexualité et tes romances mais j’ai du mal à le comprendre, parce que je vis différemment je pense !
    Je trouve ça dingue que tu arrives autant à te définir et à poser des mots sur les choses. Pour ma part je suis bien plus évasive, actuellement je suis en couple avec Léa et c’est tout. Je n’ai pas d’explication à cela, peut être que demain si nous nous séparions je serais avec un garçon, ou une autre fille, je n’en sais strictement rien !
    Par contre je voulais rebondir sur le fait que tu n’oserais pas embrasser une fille dans la rue. J’embrasse Léa dans la rue et on ne nous jamais insulté ou regardé plus bizarrement pour cela. Le simple fait de se tenir la main ça attire les regards alors on est simplement naturelles, on réfléchi pas, si on a envie de se faire un calin, on se fait un calin, si on a envie de s’embrasser, on s’embrasse !

    Enfin voilà, c’est décousu mais l’idée est là xD
    Tendresse et baisers sucrés

    • J’aime les mots savants, c’est de la science et c’est cool !
      En même temps, je me suis beaucoup renseignée. Je pense que les mots ont un pouvoir particulier. Se définir c’est important parce que c’est avec les mots qu’on peut se comprendre soi-même. C’est presque de la philo ! Donner un mot à un concept c’est apprendre à le contrôler !
      Après bien sûr que de la même manière que tout le monde n’a pas besoin d’explorer le concept de liberté en long et en large en cours de philo pour vivre tranquillou, tout le monde n’a pas besoin de définir chaque parcelle, chaque millimètre de sa personnalité :P
      Continue d’être fière d’être avec ta chérie, c’est avec des gens fiers que le monde avance :P

  6. Coucou ma belle !

    Merci beaucoup pour cet article, je le trouve vraiment super ! Je t’avoue que quand j’ai vu ton titre, j’ai eu un peu peur. Pour moi, dire « Comment je vis ma bisexualité » c’est un peu comme dire « comment je vis avec un coeur et des poumons ». Baah ça se passe comme ça et c’est tout, quoi ! Donc j’avais un peu peur que tu parles de la bisexualité comme si c’était quelque chose d’assez important chez une personne alors que finalement, non. Comme tu l’as bien dit, ce n’est qu’une part de notre vie, plus ou moins importante. Quand on se présente, on ne dit pas « Coucou je m’appelle Léa et je suis bisexuelle, ça va ? ». Et ça tu l’as très bien dit donc je suis contente hihi ! :D

    C’est super de faire des articles comme ça, je trouve vraiment que ça « dédramatise ». Les jeunes qui pensent être bisexuels ont tendance à se poser dix tonnes de questions sur comment ils vont faire et comment ça va se passer… Il se font une montagne de tout ça (et c’est normal de s’inquiéter pour quelque chose qui nous semble nouveau et différent, et qui n’est pas toujours accepté) et je trouve ça vraiment dommage. Il faut se détacher de toutes les étiquettes qu’on peut essayer de se coller sur le front et se dire tout simplement « Voilà, aujourd’hui, je me sens comme ça. Parce que c’est ce que je ressens là, maintenant. »

    Ça me fait penser, j’ai toujours un peu de mal à répondre quand on me demande quelle est mon orientation sexuelle. Bah oui, je suis quoi, moi ? Alors oui, ok, je suis une jeune fille amoureuse d’une autre jeune fille. Mais je suis aussi sortie avec un garçon par le passé, mais ça ne se passait pas très bien. Donc est-ce que je dois considérer que je suis bi, ou alors que je suis juste lesbienne ? Ben honnêtement, je n’en sais rien. Aujourd’hui, je me sens juste amoureuse d’une femme. Pour certains, ça veut dire « lesbienne », et je leur laisse le droit de me coller cette étiquette si ça les rassure, tant que moi je ne me la pose pas, ça va. :)

    Enfin voilà, tout ça pour dire que ton article est vraiment top, un grand merci à toi !

    • (ahah je trouve ça amusant, je viens juste de voir le commentaire de Bérengère au dessus qui dit finalement la même chose que moi xD)

    • Wesh salut !
      Merci pour ton long commentaire ^^
      Et oui c’est un peu « comment je vis avec des poumons » tu as raison xDDDDD
      Mais bon si on ne dit rien, bah on est dans la merde. c’est le Bi Heath Month en ce moment et les stats sont effrayants, 45% des femmes bi ont déjà pensé au suicide, 35% des hommes bi contre 30% des lesbiennes et 25% des gays (bon c’est tout aussi effrayant certes). Donc NON ce n’est pas évident pour tout le monde et OUI il faut brailler pour être entendue.

  7. Voilà qui est expliqué posément, et clairement. C’est vrai que nous-mêmes pouvons chercher des mots pour « expliquer », tellement notre orientation est naturelle (dès lors ça devient difficile « d’expliquer » !), bien des gens ne m’ont pas comprise, j’ai même eu droit à « tu dis n’importe quoi ». Hum, merci… Essayes de respecter, au moins !

    Moi, je ne « conçois » pas d’aimer un seul sexe, ça m’est totalement étranger; néanmoins, je respecte ! C’est la moindre des choses! Si ils/elles me disent, « je n’aime que les hommes/femmes », ma parole, ils le savent mieux que moi, non ?

    Je suis avec un garçon depuis 7 ans, je ne vais pas voir ailleurs. Oui ça me manque, deux fois par an maxi. Mais je gère. On en a parlé, pas possible d’aller voir ailleurs; bon, très bien. Voilà. Et la vie continue :-) .

    Un jour, une collègue devenue amie, à qui je n’avais rien dit, est allée sur mon FB et m’a demandé si j’étais vraiment bi ou si je soutenais la cause.
    Bon vous connaissez déjà la réponse :-p ! Elle ne comprenait pas bien, elle se questionnait, « mais si tu aimes les deux tu dois avoir envie d’aller voir les filles ??? ». Bien. Ce à quoi j’ai répondu par l’exemple suivant:

    – » Admettons; tu aimes les garçons grands et bruns, et aussi ceux petits et blonds. Si tu es avec un grand brun, tu vas sauter sur les petits blonds que tu croises ? »
    – « Ben non! »
    -« Ben voilà. »

    J’ai ouvert un groupe sur FB, c’est non-porn (ah oui parce que faut arrêter avec « les bis le sont uniquement pour le sexe », on discute gentiment quoi. ‘Fin bref. Si vous voulez nous rejoindre… On est tous bi, d’âges différents, et on a pas « réglé le problème », bah oui zut, ça n’est pas « passé » comme on nous l’avait dit !

    La bise, mademoiselle, merci pour votre article ;-)

    • Oui quand on essaye en live d’expliquer ce qu’on ressent, on se retrouve vite à court parce que c’est tellement évident pour nous. C’est comme demander à quelqu’un d’expliquer son propre caractère.

      Comme toi j’imagine bien que si des gens se disent monosexuels, c’est qu’ils le sont x) je ne remets pas en question leur ressenti (tant qu’ils ne remettent pas en questions le mien !)

      J’utilise parfois le même type d’exemple que toi pour expliquer que je n’ai pas « besoin » du sexe opposé de la personne avec qui ne suis.

      Bonne journée ^^

  8. Alors, tout d’abord : bravo. Je te trouve bien courageuse de parler ouvertement de ton orientation sexuelle et amoureuse.
    Ce n’est jamais évident de mettre des mots sur ce genre de choses, et on ne devrait pas avoir à le faire, mais, comme tu le dis, il faut bien expliquer ce qu’on ressent aux gens qui ne le comprennent pas.
    Je ne me suis pas reconnue dans tout ce que tu dis (normal, on est tous différents), mais ton article m’a fait un bien fou. Qui sait ? Ça aidera peut-être les gens à réaliser qu’il n’y a pas que des hétéros et des homos dans la vie.
    Personnellement, je n’en parle pas autour de moi, parce que je considère que ça ne regarde personne… C’est un parti pris et peut-être pas le meilleur, j’en ai conscience, mais je suis comme ça. Je ne veux pas mettre de nom sur ce que je suis. Je me réserve simplement le droit de tomber amoureuse de n’importe qui, sans prendre le genre en compte. Et je suis persuadée que la vie serait bien plus simple si on arrêtait de mettre les gens dans des catégories.
    Voilà voilà. Encore bravo pour ton article.

    • Oui je pense que c’est en voyant qu’on est pas tout seul qu’on peut avancer et comprendre que OUI on est parfaitement NORMAL.
      En parler, ne pas en parler, chacun choisit son mode de vie. Tant que c’est effectivement un choix et non une contrainte ^^
      Merci

  9. coxestel on 2 mars 2015 at 19 h 15 min said:

    Merci pour cette réflexion qui amène de la tolérance ! C’est toujours intéressant de lire des arguments comme les tiens !

    Estelle
    lamodeestunjeu.fr

  10. Bravo pour t’être exprimée si librement, je pense que c’est un sujet encore trop tabou, incroyable! Très bien écrit!

  11. Ah ça fait plaisir de lire ça ! Toutes les sexualités sont aussi différentes qu’il y a d’individus je crois :) Je peux me définir comme hétéro qui aime que les geeks (très) intelligents, gentils, créatifs et si possible avec un goût pour la nature :) Voilà ! J’ai jamais aimé réellement des hommes différents que ce que je viens de citer :D Pourtant je me suis réellement demandé si les filles pouvaient me plaire. Je n’ai jamais eu de sentiment pour, peut être des petites attirances mais rien d’autre ! Donc un grand merci de mettre un mot sur le fait que personne n’est pareil et qu’on ne peux pas définir les gens aussi simplement ;) J’espère que par le biais de cet article ça ouvrira la manière de penser de certains.

  12. Très joli article qui aborde simplement l’Amour…

  13. Salut!^^
    Wow, ton texte est tout simplement magnifique! Je veux dire, si on prenait tes mots et qu’on les hurlerait au monde entier, tous arrêteraient de discriminer les bi,les homos, etc. Et tu as tellement raison, notre orientation ne s’explique pas vraiment, mais tu as réussi à trouver les mots justes!
    Avec brio, en plus!

    Mais comment fait-on pour savoir qu’elle est notre orientation? disons qu’à l’adolescence,c’est pas évident…(j’ai 13 ans,bientôt 14) et je me pose toujours des questions…

    • ça serait merveilleux un monde sans discrimination…

      Pour savoir quelle est notre orientation… et bien il n’y a pas de secret ! Il faut… il ne faut rien faire de particulier en fait. Juste se poser, attendre, apprendre à se comprendre, écouter ses désirs et ses envies. Au bout d’un moment, ça finit par apparaître ^^ C’est normal de traverser une période de flou, perso j’ai passé toute mon adolescence à clamer que j’étais hétéro alors que je sortais avec des filles xD

  14. Bonjour !
    C’est très sympa de ta part d’expliquer au gens qui t’entoure la bisexualité, pansexualité, indentité de genre etc. Il devrait avoir plus de personne comme toi .

    Parce moi je n’oses même pas dire à mes parents que je suis bisexuelle et que je me pose des questions sur mon genre. Même s’ils sont « open » de ce côtés là, surtout mon père.
    Je vis dans un quartier et un collège profondement intolérent, ou juste le fait d’aimait lire, de ne pas écouter de rap ou d’être trop grande fait que tu es mise à l’écart. Même le réglement intérieur n’interdit pas, en principe, de se faire harceler pour son orientation sexuelle ou son genre.
    Bien sûr, il y a des personnes comme ma meilleure amie, qui m’aide à ne pas perdre foi envers le monde depuis que je lui ai fait mon coming out. Mais c’est ma SEULE amie.

    De toute façon, je SAIS que je vais avoir ce commentaire: « Non, tu n’as que 12 ans, tu te fais des idées ! ». Bien sûr, je ne suis jamais sortit avec quelqu’un, je suis toute jeune, donc je n’ai pas d’orientation, je vais aller jouer à la barbie ! Même si en partit, ils ont raison, peut être que m’identifierai plus comme lesbienne ou pan dans quelques années. Mais je sais que je ne suis pas hétérosexuelle, parce que je suis attirée trouve ça inconcevable d’aimer quelqu’un pour son genre.

    D’ailleurs, avant de te lire, je ne savais pas qu’il existait une biphobie ! Ni même quil y avit des commuunauté bisexuelle en France. On entend jamais parler de ça au info, du coup j’ai raté la journée de la bisexualité. Cette communauté est si passive que ça ?

    Aurevoir et désolé pour le pavet :)
    (Désolé pour les fautes d’otrhographes, et aussi désolé pour avoir trop raconté ma vie )

    • Oui bon courage pour trouver des communautés bi xD tu peux parfois en trouver dans les lieux LGBT ;)
      tu as le temps, mais parfaitement le droit de savoir déjà qui tu es. Tu es la seule personne au monde à pouvoir déterminer qui tu es :)

  15. Alizée on 16 avril 2016 at 21 h 56 min said:

    MERCI mille fois pour cet article. Vraiment, et pour tout ce que tu fais d’ailleurs.
    Je ne suis pas bi, juste homo (et c’est déjà bien assez compliqué comme ça ^^) mais à 200% pour la cause des bi/pan, qui ne sont pas assez visibles aussi bien chez les hétéros que chez les LGBT+.

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